Fi : définition, origine et sens de cette interjection
Découvrez fi : définition, origine, sens et emplois de cette interjection, avec la locution faire fi de, des synonymes et des conseils d'usage.

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Deux lettres, et un verdict. Le mot surgit dans les romans du XIXe siècle et dans les dictionnaires anciens, et il survit aujourd’hui dans une expression que tout le monde emploie : faire fi de. Sa brièveté fait sa force. Lancé d’un ton sec, il suffit à écarter une idée, une attitude ou une chose jugée indigne d’intérêt.
Fi : le sens d’une interjection de rejet
Les dictionnaires classent « fi » parmi les interjections, ces mots invariables qui traduisent un sentiment en un seul souffle. Le Dictionnaire de l’Académie française le donne comme vieilli et lui attribue l’expression du mépris, de la répugnance ou du dégoût qu’inspire une personne ou une chose. Larousse retient un emploi littéraire exprimant le dégoût et la désapprobation, avec l’exemple « Fi ! que c’est mauvais ! ». Le Trésor de la langue française ajoute une précision utile : celui qui lance « fi » marque sa répugnance devant une attitude ou des propos, les siens comme ceux de son interlocuteur.
Trois nuances se superposent donc dans ce petit mot :
- le dégoût, face à quelque chose qui répugne physiquement ou moralement ;
- la désapprobation, face à un comportement jugé indélicat ou vulgaire ;
- le mépris, face à ce qui paraît sans valeur et indigne d’attention.
Un mot aussi bref se confond facilement avec d’autres tours du quotidien. Quand un doute s’installe sur le sens exact d’une expression, revenir à une définition simple accompagnée d’exemples évite bien des contresens.
Origine du mot fi : une onomatopée avant tout
Aucune racine latine ou grecque n’est rattachée à « fi ». Les lexicographes le rangent parmi les onomatopées, ces mots nés directement d’un son ou d’un réflexe : ici, le souffle de rejet, la moue, le mouvement de recul devant ce qui déplaît. Ce mode de formation est fréquent chez les interjections, qui s’installent d’abord à l’oral avant d’entrer dans les ouvrages de référence.
Le mot appartient à la langue française depuis plusieurs siècles et il a connu ses heures de gloire à l’époque classique, puis chez les romanciers du XIXe siècle. Son recul à l’oral explique la mention « vieilli » que l’on trouve aujourd’hui dans plusieurs dictionnaires. La locution « faire fi de », elle, n’a pas subi le même sort : elle reste d’un usage courant, y compris dans la presse.
« Faire fi de » : la locution encore bien vivante
Faire fi de quelque chose, c’est le dédaigner, le mépriser, refuser d’en tenir compte. La construction exige la préposition « de » : faire fi des critiques, faire fi des règles, faire fi du danger. L’Académie française donne l’équivalent « dédaigner, mépriser » et rappelle que le tour se construisait déjà ainsi dans les éditions anciennes de son dictionnaire.
La nuance essentielle tient au caractère volontaire de l’acte. Celui qui fait fi d’un avis ne l’a pas oublié par distraction : il l’écarte sciemment, en assumant son choix. C’est ce qui distingue cette locution de « négliger » ou de « passer à côté ». Elle porte donc une part de décision, parfois d’insolence.
Cette dimension volontaire mérite qu’on s’y arrête, y compris dans les gestes de tous les jours. On ne fait pas fi des précautions qui encadrent la prise d’un médicament sans ordonnance, et les règles à respecter pour une automédication à la maison valent la peine d’être connues avant d’ouvrir son placard à pharmacie. De même, ignorer un signe d’alerte chez un jeune enfant n’est jamais anodin : savoir quand s’inquiéter vraiment devant une fièvre chez l’enfant évite de minimiser à tort comme de s’affoler pour rien.
Fi donc, fi de : les emplois littéraires et vieillis
« Fi donc ! » ajoute une nuance d’indignation ou de reproche. La formule sert à marquer qu’un propos ou un geste blesse la délicatesse, comme le notait Littré. On la rencontre dans les dialogues de théâtre, où elle coupe court à une inconvenance.
« Fi de » suivi d’un nom exprime un rejet catégorique. L’Académie française cite « Fi de ses flatteries ! » et, dans une édition plus ancienne, « Fi du plaisir que quelque crainte accompagne ». Ces tours appartiennent à la langue soutenue et donnent aujourd’hui une couleur d’époque, parfois teintée d’ironie. Les glisser dans un courriel professionnel produirait un effet involontairement comique.
Synonymes, contraires et traductions de fi
Le mot n’a pas de synonyme exact, mais plusieurs équivalents selon le registre :
| Emploi | Sens | Équivalents proches |
|---|---|---|
| Fi ! | Dégoût, réprobation | Pouah, beurk (familier), foin (vieilli) |
| Fi donc ! | Indignation, reproche | Allons donc, quelle horreur |
| Faire fi de | Dédaigner, ignorer volontairement | Mépriser, se moquer de, passer outre |
Du côté des contraires, on trouve tout ce qui exprime l’estime ou la prise en compte : apprécier, priser, tenir compte de, respecter. En anglais, l’interjection archaïque « fie » correspond exactement à « fi », tandis que « faire fi de » se traduit par to scorn, to disregard ou to dismiss. Les traducteurs préfèrent souvent ces verbes, plus naturels que l’interjection seule.
Erreurs fréquentes et bon usage de fi aujourd’hui
Quelques confusions reviennent souvent. « Fi » n’est pas une forme du verbe faire : on écrit « je fis », « il fit », jamais « je fi ». La locution s’écrit toujours avec « de », même si l’oral laisse parfois tomber la préposition. Et faire fi de quelque chose ne veut pas dire l’oublier, mais choisir de ne pas en tenir compte.
Le mot reste par ailleurs admis dans les listes utilisées au Scrabble francophone, avec sa définition d’interjection. Attention toutefois au sigle : FI correspond aussi au code de la Finlande dans la norme ISO 3166-1 alpha-2, et à l’extension internet du pays. Dans un texte français, la majuscule suffit à distinguer le code du mot.
Reste la question du bon usage. À l’écrit soigné, « fi » fonctionne comme un archaïsme assumé, qui donne du relief à une phrase ou signale un ton ironique. À l’oral, l’interjection seule sonne aujourd’hui très datée, alors que « faire fi de » passe partout. Dans les deux cas, la même prudence s’impose : on ne fait pas fi d’un nettoyage correct après une écorchure, et les bons réflexes pour les petites plaies et brûlures restent plus utiles qu’un haussement d’épaules.
Que signifie exactement l’interjection « fi » ?
Elle exprime le dégoût, la désapprobation ou le mépris. Selon le contexte, elle traduit une répugnance physique, un jugement moral ou un dédain. Les dictionnaires la classent comme interjection et la donnent souvent comme vieillie ou littéraire.
Que veut dire l’expression « faire fi de quelque chose » ?
Cela signifie dédaigner cette chose, refuser d’en tenir compte. L’acte est volontaire : on écarte sciemment un avis, une règle ou un danger. La construction correcte demande la préposition « de », comme dans « faire fi des critiques ».
Le mot « fi » est-il encore utilisé aujourd’hui ?
L’interjection seule a presque disparu de l’oral courant et garde une couleur littéraire ou ironique. La locution « faire fi de » reste en revanche très employée, à l’écrit comme dans la presse. « Fi donc ! » survit surtout comme effet de style.
Que désigne le code FI ?
FI est le code de la Finlande dans la norme ISO 3166-1 alpha-2. Il sert aussi d’extension internet au pays. Dans un texte français, la majuscule permet de le distinguer du mot « fi » employé comme interjection.
L’auteur
Pharmacienne d’officine
Je conseille chaque jour des familles qui veulent soigner les petits maux sans saturer l’armoire à pharmacie. J’écris ici ce que j’explique au comptoir, avec les précautions qui vont avec.
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